Les Films du Requin Présente

CrossDresser

Un film de Chantal Poupaud

Sortie le 24 Mars 2010

Résumé du film

Un Crossdresser est un travesti clandestin.
Dans la vie, Nicole, Lolita, Auxane et Virginie Perle sont des hommes, hétérosexuels, mariés avec enfants, exerçant un travail où ils s’épanouissent entièrement.
Ce film fait de secrets et de confidences, montre par sa façon de « mettre en scène » leur transformation intégrale, le plaisir qu’ils prennent à cette activité clandestine.

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Interview de la réalisatrice - Entretien avec Chantal Poupaud

Comment vous êtes-vous intéressée au “crossdressing”?

Comme beaucoup de gens, j’avais tendance à faire l’amalgame entre travesti et transsexuel et à reléguer cette question au niveau des travelos de chez Michou chantant en play-back avec des strass et des boas de plumes, ou aux « trans » du bois de Boulogne pour la plupart brésiliens et prostitués. Et par-dessus le marché, ça ne faisait aucun doute, les “trans” étaient tous des homosexuels, comment peut-on avoir envie de s’habiller en femme si ce n’est pour séduire les hommes?
J’étais donc dans le cliché et dans l’ignorance jusqu’à ce qu’un jour de Juin 2005, dînant par hasard dans un obscur restaurant du fin fond du 19ème arrondissement, je vois un travesti franchir la porte. Puis un deuxième, un troisième... Une bonne quinzaine en tout. Des jeunes, des vieux (disons entre 27 et 67 ans), des gracieux, des mastocs, des créatures ingrates, des troublantes Beaucoup de « Tootsie » et de « Mrs Doubtfire ». Surprise par cette assemblée qui parlait fort avec des voix masculines tout en faisant des effets de jambes, de cheveux et de bijoux, je ne pus m’empêcher de lier connaissance. Manifestement flattées (ou curieuses) qu’une femme s’intéresse à leur assemblée, elles m’invitèrent à prendre un verre à leur table et m’expliquèrent qu’elles se réunissaient une fois par mois dans ce restaurant. Une d’elle me donna même son numéro de portable.
Quatre semaines plus tard j’étais au rendez-vous.

Vous avez été intégrée assez vite ?

Oui, parce qu’elles ont vu que je ne posais pas sur elles un regard voyeur. Là commença un réel échange : elles avaient besoin de parler, d’expliquer de justifier leur transformation, surtout auprès d’une « génétique », comme elles m’appelaient.
Ce qui me plu, c’est que ces femmes/hommes n’étaient pas des cas sociaux, ni des individus en pleine déprime, mais bel et bien des hommes qui s’assumaient pleinement dans la vie de tous les jours, avec femme, enfants, et une situation bien établie : chef d’entreprise, dentiste, professeur d’université, architecte, ingénieur, avocat d’affaires, mécanicien spécialisé dans le réglage de voitures de courses

Comment vous est venue l’idée du film ?

C’est au bout de ma cinquième incursion dans leur milieu que je réalisais à quel point leur double vie était troublante et émouvante dans leur façon d’accepter qu’ils ne seraient jamais des « créatures de rêves » parfaites, mais qu’il leur suffisait d’être des « impressions de femme » une fois de temps en temps pour continuer à vivre normalement. Je commençais donc à imaginer ce que je pouvais faire de cette coïncidence : elles et moi le même jour, au même endroit, à trois bons quart d’heure de métro de chez moi.

Pendant un an, je les vis régulièrement, les connaissant par leur prénom féminin mais rarement sous leur identité masculine. Je devins même extrêmement proche de deux d’entre elles (l’ingénieur et l’avocat) qui, m’ayant donné leur confiance, acceptèrent de me fixer rendez-vous dans la semaine sous leur apparence de garçon.

C’est le jour où je retrouvais Nicolas/Marjorie, ingénieur en aéronautique, dans la file d’attente d’un cinéma sans le/la reconnaître du tout que mon projet pris forme : CROSSDRESSER ou la transformation. Comme un écho, fin Juillet 2005, la parution d’un article sur la sortie du livre « CASA SUZANNA » me conforta dans le fait que mon idée était bonne et pouvait en intéresser plus d’un. C’est alors que commencèrent l’écriture et la « pré-préparation » de CROSSDRESSER.

Comment les avez-vous convaincues de participer au film ?

Étant donné le côté très clandestin de leur activité, nous avons passé un contrat moral, dont l’une des clauses principales était qu’on ne les reconnaisse jamais en homme. Autrement dit, je ne les filmais jamais de face avant qu’elles ne se considèrent comme suffisamment transformées. C’est d’ailleurs la pose de la perruque qui, pour elles, les fait basculer de l’état d’homme à celui de femme. Je commençais donc une série de rencontres et d’échanges personnels avec ces crossdressers pour mieux connaître et mieux comprendre mon sujet, pour voir ce qu’elles accepteraient de faire et jusqu’où je pourrais aller. Cette « infiltration », si l’on peut dire, du milieu parisien me prit un an.

C’est un contrat moral qui, de toute évidence s’est aussi mué en parti pris plastique.

Oui, c’est certain, mais la forme du film me vint d’emblée en même temps que le fond :

  • - les filmer chacune leur tour dans un lieu unique : une salle de bains ou une chambre, endroit par excellence où l’on se prépare. Mais jamais la même salle de bains ou la même chambre pour brouiller les pistes, autant pour elles que pour le spectateur.
  • - Les faire arriver dans ce lieu de déroulement de l’essentiel du film par de longs couloirs à peine éclairés, ou par un escalier un peu inattendu, ou un ascenseur soigneusement repéré – cabine ascendante toujours en prise avec l’inconnu- pour le côté clandestin de l’opération.
  • - Et enfin, les filmer de dos, ou à contre jour, ou dans la pénombre, tant qu’elles sont en garçon. Faire un filmage morcelé de leur corps ou de leur visage pendant tout le temps de préparation.
  • - Ne les voir au grand jour, en pleine lumière et de face que lorsqu’ils sont devenus l’autre, la femme, la crossdresser aboutie.

Le dispositif du film est assez radical. On a l’impression que la parole est indissociable du geste, du rituel.

Le rituel, c’est ce qui les intéresse le plus, le moment où elles voient la femme naître dans le miroir. Le plaisir d’enfiler les bas, de mettre une petite culotte en satin, de sentir des seins sous leur pull ou leur robe. Mon dispositif colle à leur rituel très personnel et, pour moi, c’était d’abord cela qu’il fallait mettre en scène. Le rituel du plaisir, en somme.

Pour découvrir l'interview complète de Chantal Poupaud, cliquer ici (PDF)

Biographie de Chantal POUPAUD

Chantal Poupaud débute dans le cinéma comme attachée de presse de Marguerite Duras pendant sept ans, à partir du tournage d’India Song.

À la fin des années 70 et en 80, elle contribue à faire connaître en France des cinéastes comme Aki Kaurismaki, Wim Wenders ou Lino Brocka (réalisateur Philippin) ainsi que des auteurs comme Benoît Jacquot et Chantal Akerman.

En 1994 elle crée la série “Tous les garçons et les filles de leur âge” qui sera diffusée sur Arte. Parmi ces neuf films de 60’, trois sortiront en salles sous forme de Long-métrage :

  • - " Les roseaux sauvages ” d’André Téchiné
  • - “ Trop de Bonheur ” de Cédric Kahn
  • - “ L’eau froide ” d’Olivier Assayas

Elle initie une autre série “Toutes les femmes sont folles” prévue initialement pour la télévision puis, transformée en films pour le cinéma. Deux films de long métrage seront issus de ce projet :

  • - " Le 7ème ciel ” de Benoît Jacquot
  • - “ Sous le sable ” de François Ozon

En 2000 elle réalise un court métrage documentaire de 20’ “Maurice le mauricien”, diffusé sur Paris Première.

“ CROSSDRESSER ” est un 1er film documentaire de long métrage.

CrossDresser Affiche

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En partenariat avec

Rue 89

Film technique du Film

  1. Pays : France
  2. Réalisation : Chantal Poupaud
  3. Chef Opérateurs : Jeanne Lapoirie, Sara Cornu, Martine Lancelot
  4. Son : Francis Bonfanti, Benjamin Laurent, Daniel Sobrino
  5. Montage : Clémentine March, Melvil Poupaud, Laure Baudin
  6. Producteurs : Chantal Poupaud et Cyriac Auriol
    Les Films du requin
  7. Durée : 1h20 - Format : 35mm DTS SR

Séances

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Programmation, Débats, Animations...

VILLENEUVE D'ASCQ
Du 13 au 19 octobre 2010

BOBIGNY LE MAGIC CINEMA
A partir du 23 juin 2010
Centre commercial BOBIGNY 2 / rue du Chemin Vert - 93000 BOBIGNY --> Paris Cinéma L'ENTREPOT
A partir du 21 avril 2010
7 rue Francis de Préssensé - 75014 --> CNP Terreaux LYON
A partir du 21 avril 2010
40 rue du Président Edouard Herriot - 69001 LYON --> AMIENS Cinéma SAINT-LEU
Le jeudi 29 avril ˆ 19h
9 rue de la Plumette - 80000 AMIENS --> BELFORT Cinema PATHE
A partir du 19 mai 2010
Avenue des Alpes - 38300 BOURGOIN JALLIEU. --> TOULOUSE Cinéma LE CRATERE
Du 9 au 22 juin
12 juin - 21h : Rencontre avec l'association ARC EN CIEL
31 rue des Ammidonniers - 31000 TOULOUSE --> TOULOUSE Cinema LE CRATERE
12 juin - 21h : Rencontre avec l'association ARC EN CIEL
31 rue des Ammidonniers - 31000 TOULOUSE --> BORDEAUX Cinema UTOPIA
Vendredi 25 juin a 20h30 : PROJECTION-DEBAT
Achetez vos places a l“avance, a partir du Mardi 15 Juin
Projection unique du film suivie d“un débat proposée par un cartel de cinq femmes travaillant sur la question du féminin dans différents ouvrages de psychanalyse,
dont Geneviève MOREL, psychanalyste a Paris et a Lille, auteur de La loi de la mère (2008) et Ambigutés sexuelles (2000), (Ed. Economica-Anthropos)
5 place Camille Jullian - 33000 Bordeaux -->

MONTREUIL Cinéma Georges MELIES
Mercredi 1er décembre
Projection unique du film en présence de Geneviève MOREL, psychanalyste a Paris et a Lille, auteur de La loi de la mère (2008) et Ambigutés sexuelles (2000), (Ed. Economica-Anthropos)
7 avenue de la Résistance - 93100 Montreuil

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